En bref
- La compribande est une bande de mousse imprégnée, livrée comprimée en rouleau, qui se dilate après pose pour remplir le joint entre le dormant de la fenêtre et la maçonnerie.
- Elle se choisit sur le jeu à combler, pas sur la largeur du dormant : chaque référence couvre une plage d'expansion précise.
- Elle se pose sur le dormant avant présentation du châssis, en retrait du nu extérieur, et ne se tend jamais.
- Par temps froid, l'expansion peut prendre plusieurs heures — c'est normal, il ne faut pas forcer.
Une pose de fenêtre se joue rarement sur le châssis lui-même. Elle se joue sur le joint de quelques millimètres qui l’entoure — celui par lequel passent l’air, la pluie battante et le bruit si personne ne s’en occupe. La compribande est le produit qui traite ce joint, et c’est un des rares consommables de chantier où une pose approximative annule complètement l’effet.
Ce que c’est, concrètement
Une bande de mousse polyuréthane à cellules ouvertes, imprégnée d’une résine qui freine sa reprise d’épaisseur. Elle est livrée comprimée dans un rouleau adhésif. Une fois posée et libérée, elle se dilate lentement jusqu’à remplir tout l’espace disponible, en exerçant une pression constante contre les deux parois du joint.
D’où ses trois propriétés utiles :
- Elle remplit un joint irrégulier, ce qu’un mastic ne fait proprement que sur une largeur constante.
- Elle reste souple et encaisse les dilatations du dormant sans se décoller, là où un cordon rigide finit par fissurer.
- Elle est pare-pluie à l’extérieur mais perméable à la vapeur, ce qui laisse le joint sécher vers l’extérieur au lieu de piéger l’humidité dans la maçonnerie.
Choisir la bonne référence : sur le jeu, jamais sur le dormant
C’est l’erreur la plus fréquente. On ne choisit pas une compribande selon l’épaisseur du dormant, mais selon le jeu réel entre le dormant et la maçonnerie.
Chaque référence est définie par deux chiffres : une largeur de bande (la dimension collée sur le dormant) et une plage d’expansion, exprimée en millimètres — par exemple 2 à 6 mm. Le jeu mesuré doit tomber dans cette plage.
La méthode :
- Mesurer le jeu en plusieurs points du tableau, pas seulement au milieu. Une maçonnerie ancienne varie facilement de 3 ou 4 mm sur une hauteur de fenêtre.
- Retenir le jeu le plus large et le plus étroit.
- Choisir une référence dont la plage couvre les deux, en visant le milieu de plage.
Si l’écart entre le point le plus serré et le plus large ne rentre dans aucune plage, ce n’est pas un problème de bande : c’est le tableau qu’il faut reprendre avant de poser la fenêtre.
Un joint trop serré pour la référence choisie empêche la bande de reprendre son épaisseur : elle reste comprimée, donc sans pression d’étanchéité aux points larges. Un joint trop large, et elle se dilate à fond sans jamais toucher les deux parois.
Poser : l’ordre compte plus que le geste
Sur un support propre et sec. La poussière de découpe et l’humidité de surface empêchent l’adhésif de tenir le temps de la pose. Un coup de chiffon suffit, mais il n’est pas optionnel.
Sur le dormant, pas sur la maçonnerie. On travaille sur un châssis accessible, à plat ou sur chevalet, avant de le présenter dans l’ouverture.
En retrait du nu extérieur. La bande se place légèrement en arrière du bord extérieur du dormant, de l’ordre de quelques millimètres. Elle est ainsi protégée du rayonnement direct et de la pluie battante, tout en restant en première ligne d’étanchéité.
Sans jamais tendre la bande. C’est le geste qui rate tout. Une bande tirée pendant le déroulage se rétracte après pose et laisse un manque, souvent dans les angles — précisément là où l’eau s’infiltre. On déroule et on applique sans traction.
En traitant les angles par recouvrement. On ne plie pas une bande dans un angle. On coupe et on repart avec une chute qui vient buter, voire chevaucher légèrement, sur la précédente.
Puis on présente la fenêtre sans attendre. L’expansion commence dès que la bande est libérée de sa compression. Si le châssis est posé trop tard, la bande a déjà repris son épaisseur et se fait écraser au lieu de venir se plaquer.
Le facteur température, qu’on oublie toujours
La vitesse d’expansion dépend directement de la température ambiante. À 20 °C, une bande reprend son épaisseur en quelques dizaines de minutes. Autour de 5 °C, il faut compter plusieurs heures — et en dessous, l’expansion peut être si lente que la pose devient hasardeuse.
Concrètement, en hiver : on stocke les rouleaux au chaud jusqu’au dernier moment, on pose immédiatement, et on ne conclut pas qu’une bande est défectueuse parce qu’elle n’a pas bougé au bout d’une heure. Beaucoup de bandes jugées « mortes » ont simplement été posées à 4 °C.
Les erreurs qui annulent le travail
| Erreur | Conséquence | Correction |
|---|---|---|
| Bande tendue au déroulage | Retrait après pose, manque dans les angles | Dérouler sans traction, jamais tirer |
| Référence trop étroite pour le jeu | Aucune pression d’étanchéité aux points larges | Choisir sur le jeu maximal mesuré |
| Pose sur support poussiéreux | Décollement avant présentation du châssis | Dépoussiérer le dormant |
| Bande pliée dans l’angle | Point faible permanent | Couper et recouvrir |
| Pose par temps froid sans précaution | Expansion incomplète au moment du serrage | Stocker au chaud, poser sans délai |
Faut-il aussi un mastic ?
Souvent oui, mais pas au même endroit ni pour la même raison. La bande précomprimée assure l’étanchéité principale dans l’épaisseur du joint. Un mastic peut compléter en finition, côté intérieur, pour traiter l’étanchéité à l’air.
L’ordre logique du calfeutrement se lit toujours de la même façon : étanche à la pluie côté extérieur, étanche à l’air côté intérieur, et perméable à la vapeur entre les deux. Poser un mastic étanche des deux côtés enferme l’humidité dans le joint — c’est exactement ce qu’on cherche à éviter.
Ce qu’il faut retenir
La compribande n’est pas un consommable interchangeable : sa référence se choisit sur un jeu mesuré, elle se pose sur un dormant propre, en retrait du nu extérieur, sans traction, et avant présentation du châssis. Ces cinq conditions sont cumulatives — il suffit d’en manquer une pour qu’une fenêtre neuve laisse passer l’air par son pourtour.
Questions fréquentes
Compribande, c'est une marque ou un produit ?
C'est à l'origine une marque déposée, devenue un nom commun sur les chantiers. Le terme générique est « bande d'étanchéité précomprimée » ou « joint mousse imprégné ». Plusieurs fabricants proposent des produits équivalents.
Quelle largeur de compribande choisir ?
On choisit sur le jeu réel à combler, mesuré entre le dormant et la maçonnerie. Chaque référence indique une plage d'expansion, par exemple 2 à 6 mm. Le jeu mesuré doit tomber dans cette plage, si possible en milieu de plage.
Peut-on remplacer la compribande par du silicone ?
Non, ce ne sont pas les mêmes fonctions. Le mastic assure une étanchéité de surface et supporte mal les mouvements répétés du joint. La bande précomprimée reste souple, encaisse les dilatations, et laisse migrer la vapeur d'eau vers l'extérieur.
La compribande se pose avant ou après la fenêtre ?
Avant. On la colle sur le dormant, châssis encore à plat ou sur chevalet, puis on présente la fenêtre dans son ouverture. La poser après revient à devoir la tasser dans un joint déjà fermé, ce qui ne fonctionne pas.
Sources et méthode
- Notices de pose et plages d'expansion publiées par les fabricants de bandes précomprimées
- Règles de calfeutrement des menuiseries extérieures (DTU 36.5)